Peut-on créer un terrarium uniquement pour isopodes ? - TerraLife

Peut-on créer un terrarium uniquement pour isopodes ?

Peut-on créer un terrarium uniquement pour isopodes ? Le guide complet

Quand on parle de terrariophilie, on pense tout de suite aux dendrobates colorées, aux geckos à crête ou aux mantes religieuses exotiques. Mais si vous traînez un peu sur les forums ou les réseaux sociaux dédiés, vous avez dû remarquer une tendance qui prend énormément d'ampleur : l'élevage exclusif d'isopodes. Oui, on parle bien de ce qu'on appelait communément les \"cloportes\" quand on retournait les pierres dans le jardin de nos parents.

Alors, peut-on créer un terrarium uniquement pour ces petites bêtes ? La réponse est un grand oui. En fait, c'est même devenu une branche à part entière de notre passion. Loin d'être de simples éboueurs cantonnés au rôle d'équipe de nettoyage dans le terrarium d'un reptile, les isopodes sont des animaux de compagnie fascinants. Ils possèdent des comportements sociaux intéressants, des couleurs parfois incroyables et demandent une approche spécifique pour vraiment prospérer.

Je me souviens de ma première souche de Porcellio laevis \"Dairy Cow\". Je les avais achetés pour nettoyer le sol de mon bac à escargots géants. Finalement, j'ai passé plus de temps à observer ces petits crustacés tachetés s'agglutiner sur un morceau de courgette qu'à regarder mes escargots. Aujourd'hui, je vous partage tout ce que j'ai appris (souvent en faisant des erreurs) pour réussir votre premier terrarium dédié 100% aux isopodes.

Pourquoi élever uniquement des isopodes ?

Si vous hésitez encore à dédier un bac entier à des détritivores, voici quelques arguments qui pourraient bien vous faire basculer du côté obscur de la microfaune.

Un encombrement minimal

Tout le monde n'a pas la place (ni le budget) pour installer un terrarium de 90x45x90 cm dans son salon. Les isopodes s'élèvent parfaitement dans des espaces réduits. Une boîte en plastique bien aménagée de 5 à 10 litres suffit largement pour maintenir une colonie florissante pendant des mois. C'est idéal pour ceux qui vivent en appartement ou qui veulent multiplier les espèces sans transformer leur chambre en serre tropicale.

Une variété visuelle bluffante

Oubliez le petit cloporte gris terne de votre enfance. Grâce au travail des éleveurs passionnés, on trouve aujourd'hui des morphes (variations de couleurs) à couper le souffle. Des Armadillidium maculatum qui ressemblent à des zèbres, des Porcellionides pruinosus couleur poudre d'orange, ou encore les fameux Cubaris \"Rubber Ducky\" avec leur petite tête de canard de bain. Il existe des centaines d'espèces et de localités différentes. C'est un peu le même principe que la collection de cartes Pokémon, mais en vivant.

L'école parfaite de la terrariophilie

Créer un terrarium pour isopodes, c'est apprendre à maîtriser les fondamentaux de notre hobby : le cycle de l'azote, le maintien de l'hygrométrie, l'aération et la décomposition de la matière organique. Si vous arrivez à équilibrer parfaitement un bac à isopodes, vous aurez les bases solides pour réussir n'importe quel terrarium bioactif par la suite.

Comprendre la bête : un peu de biologie sans prise de tête

Avant de construire leur maison, il faut comprendre qui sont vos locataires. L'erreur la plus commune chez les débutants est de traiter les isopodes comme des insectes.

Ce ne sont pas des insectes, ce sont des crustacés terrestres.

Ils sont de la même famille que les crevettes ou les crabes. Cette distinction est cruciale pour une raison simple : leur système respiratoire. Les isopodes respirent grâce à des pseudo-branchies (les pléopodes) situées sous leur abdomen. Pour que l'oxygène puisse passer dans leur organisme, ces branchies doivent absolument rester humides. C'est la règle d'or de l'isopodologie : un isopode sec est un isopode mort.

Cependant, ils vivent sur terre depuis des millions d'années. Si vous les noyez dans un substrat détrempé et sans oxygène, ils mourront tout aussi vite. Tout l'enjeu de leur terrarium va être de trouver ce juste équilibre entre l'humidité nécessaire à leur respiration et l'aération indispensable à leur survie.

Le contenant : Boîte en plastique ou terrarium en verre ?

C'est le premier choix que vous devrez faire. Et honnêtement, il n'y a pas de mauvaise réponse, mais il y a des contraintes différentes.

La méthode \"Boîte de rangement\" (Braplast / Tupperware)

C'est la méthode privilégiée par les éleveurs qui ont de nombreuses souches. Une boîte en plastique transparent de 5 à 15 litres est bon marché, empilable et garde extrêmement bien l'humidité.

Le piège : L'aération. Une boîte en plastique fermée va rapidement se transformer en sauna mortel. Il faut impérativement percer des trous. La technique classique consiste à faire deux rangées de trous d'un côté de la boîte (en haut et en bas) et une rangée de l'autre côté. Cela crée une \"ventilation croisée\" qui permet à l'air de circuler sans assécher complètement le bac. Attention à faire des trous assez petits, car les bébés isopodes (les mancae) font à peine 1 à 2 millimètres à la naissance et ont la fâcheuse tendance à explorer les parois.

Le terrarium en verre

Si votre but est l'esthétisme et l'observation au milieu de votre salon, orientez-vous vers un terrarium en verre classique, de type Exoterra ou autre marque. C'est beaucoup plus beau, l'observation est parfaite et vous pouvez créer de véritables paysages miniatures.

Le piège : L'assèchement. Les terrariums commerciaux ont souvent de grandes grilles d'aération sur le dessus. Pour un reptile, c'est génial. Pour des isopodes, ça laisse échapper toute l'humidité. Si vous utilisez ce type de bac, je vous conseille de couvrir environ 50 à 70% de la grille supérieure avec une plaque de plexiglas ou du film plastique (à l'extérieur) pour retenir l'hygrométrie, surtout si vous chauffez votre maison en hiver.

Le substrat : Le buffet à volonté et le moteur du terrarium

S'il y a une section de cet article que vous devez lire attentivement, c'est celle-ci. Dans un terrarium pour reptiles, le substrat sert souvent juste de sol. Dans un terrarium pour isopodes, le substrat EST la nourriture principale. Les isopodes mangent littéralement la terre dans laquelle ils vivent.

Un simple terreau pour plantes d'intérieur acheté en jardinerie ne suffira pas. Il ne contient pas les nutriments dont la microfaune a besoin, et il est souvent traité avec des engrais toxiques pour les invertébrés.

La recette du succès (Le mix ABG revisité)

Voici la base d'un substrat riche et pérenne que j'utilise pour 90% de mes espèces :

  • 40% de terreau organique ou humus de coco : La base neutre qui va retenir l'humidité. L'humus de coco seul n'a aucune valeur nutritive, d'où l'importance de ce qui suit.
  • 30% de feuilles mortes broyées : C'est la base de leur alimentation naturelle. Chêne, hêtre, châtaignier, noisetier. Évitez les résineux (pins, sapins) dont la sève est toxique.
  • 20% de bois pourri : C'est le secret d'une colonie qui explose. Dans la nature, les isopodes dégradent le bois mort. Cherchez du bois blanc, très friable en forêt, ou achetez du \"flake soil\" prêt à l'emploi. Si vous ramassez en forêt, pensez à bouillir ou congeler vos trouvailles pour ne pas introduire de prédateurs (comme les chilopodes ou certaines araignées).
  • 10% d'ajouts bénéfiques : Un peu de charbon actif (pour purifier le sol et éviter qu'il ne tourne), de la sphaigne hachée (pour l'humidité) et du lombricompost (un boost nutritif incroyable).

Mélangez tout ça. Le substrat final doit être meuble, léger, et sentir bon le sous-bois après la pluie. Prévoyez une épaisseur d'au moins 5 à 7 centimètres pour que les isopodes puissent creuser, réguler leur température et se reproduire à l'abri.

L'aménagement : Créer le fameux gradient d'humidité

On arrive au concept le plus important pour la survie de vos cloportes : le gradient d'humidité. Dans la nature, si un isopode a trop chaud ou trop sec, il s'enfonce dans le sol ou cherche un coin plus sombre. Dans une boîte en plastique, il ne peut pas fuir. C'est à vous de lui offrir des microclimats.

Votre terrarium doit être divisé mentalement en deux zones :

La zone humide (environ 30% de la surface)

D'un côté du bac, vous allez ajouter une bonne poignée de sphaigne (une mousse qui retient l'eau comme une éponge) que vous mélangerez légèrement au substrat. C'est cette zone que vous allez arroser régulièrement. Quand une femelle isopode est prête à libérer ses bébés, ou qu'un isopode doit muer (changer de carapace pour grandir), il ira dans cette zone humide. Sans cette humidité ciblée, la mue reste coincée sur leur corps, ce qui leur est fatal.

La zone sèche (environ 70% de la surface)

Le reste du bac doit rester légèrement humide en profondeur (le substrat ne doit pas être de la poussière), mais la surface doit être sèche. C'est là que vous placerez la nourriture pour éviter qu'elle ne moisisse en 24 heures.

Les cachettes : indispensables

Les isopodes détestent la lumière (ils sont lucifuges). Au-dessus de votre substrat, vous devez créer une couche de litière. Ajoutez une belle couche de feuilles mortes entières. Ajoutez ensuite des morceaux d'écorce de liège ou des branches. Le liège est fantastique car il ne moisit presque pas, même posé sur la zone humide. C'est sous ces écorces que votre colonie va passer le plus clair de son temps, à dormir entassée les uns sur les autres.

L'alimentation : Que mange vraiment un isopode ?

On l'a vu, la base de l'alimentation, ce sont les feuilles mortes et le bois pourri contenus dans le substrat. Un isopode peut vivre sa vie entière juste avec ça. Mais si vous voulez voir votre colonie s'épanouir, montrer de belles couleurs et se reproduire à bon rythme, il va falloir complémenter le menu.

La source de calcium (Vital !)

Les crustacés ont besoin d'énormément de calcium pour construire leur exosquelette. Si votre bac manque de calcium, vous verrez les naissances chuter et des problèmes de mue apparaître. La solution la plus simple est d'acheter un os de seiche au rayon oiseau, de le casser en morceaux et de le laisser en permanence sur le côté sec du terrarium. Ils viendront le grignoter à leur rythme. Vous pouvez aussi utiliser de la craie naturelle, des coquilles d'huîtres broyées ou du calcaire agricole.

L'apport en protéines

C'est souvent l'oubli numéro un. Les isopodes sont des détritivores opportunistes. S'ils trouvent un insecte mort dans la nature, ils le dévorent. Pour reproduire cela, donnez-leur une à deux fois par semaine une source de protéines : des flocons pour poissons d'aquarium, des petites crevettes séchées (gammares), de la nourriture pour tortues d'eau, ou même des vers de farine séchés.

Petite anecdote : Certaines espèces, comme les fameux Porcellio laevis \"Dairy Cow\", ont un métabolisme très rapide et sont de vrais gloutons. S'ils manquent de protéines, ils peuvent littéralement se cannibaliser ou dévorer les collemboles de votre bac. Donnez-leur de la viande (ou des croquettes pour chat humidifiées) de temps en temps, vous verrez la frénésie que ça déclenche !

Les légumes frais

En guise de friandise, vous pouvez leur donner des légumes épluchés. La carotte, la courgette, la patate douce et le concombre ont toujours un grand succès. Attention cependant : ne donnez que de toutes petites quantités (la taille d'une pièce de monnaie pour commencer). Ce qui n'est pas mangé en 48 heures doit être retiré, sinon ça va pourrir et attirer des problèmes.

Les alliés indispensables : Les collemboles

Je ne pourrais jamais écrire un guide sur les isopodes sans vous parler des collemboles. Si vous montez un bac d'isopodes, vous DEVEZ y introduire cette autre microfaune indispensable.

Les collemboles sont de minuscules arthropodes blancs qui se nourrissent exclusivement de moisissures, de champignons et des excréments (le frass) des isopodes. Sans eux, la nourriture fraîche que vous donnez à vos isopodes ou les feuilles trop humides vont moisir. Le mycélium va envahir le bac et étouffer vos isopodes. Les collemboles sont vos agents d'entretien. Ils régulent le bac de manière invisible. Une bonne souche de collemboles blancs tropicaux vous sauvera de bien des désagréments.

Quelles espèces choisir pour débuter ?

C'est la partie amusante. Mais attention, toutes les espèces ne se valent pas quand on débute. Laissez les espèces rares et onéreuses d'Asie du Sud-Est pour plus tard, et faites-vous la main sur ces valeurs sûres, robustes et très actives.

1. Armadillidium maculatum (Isopode Zèbre)

Originaire du sud de la France, c'est pour moi le meilleur isopode pour débuter. Il est magnifique avec ses rayures blanches et noires très nettes. Il pardonne bien les erreurs d'arrosage (il tolère des environnements un peu plus secs), il a la capacité de se rouler en boule parfaite quand il a peur (les fameux \"pillbugs\"), et il se montre souvent en journée pour explorer les branches. C'est une espèce fascinante à observer.

2. Porcellionides pruinosus (Powder Orange / Powder Blue)

Si vous voulez une colonie qui se reproduit vite, très vite, c'est l'espèce qu'il vous faut. Ils ne se roulent pas en boule, ils sont très rapides et courent dans tous les sens quand on soulève une écorce. Ils ont une texture mate, presque poudrée, magnifique. Ils dévorent la nourriture à une vitesse folle. C'est l'espèce poubelle de table par excellence et un choix parfait si vous voulez observer des interactions constantes.

3. Porcellio scaber

L'isopode rugueux classique. Il existe en dizaines de mutations de couleurs : \"Lava\" (noir avec des taches rouges incandescentes), \"Dalmatian\" (blanc à pois noirs), ou \"Orange\". C'est un char d'assaut. Il est grand, plat, peu craintif et d'une robustesse à toute épreuve. Il tolère une très large plage de températures et d'hygrométries.

Celles à éviter au début : La famille des Cubaris

Je sais, les Cubaris sp. \"Rubber Ducky\", \"Jupiter\" ou \"Panda King\" sont adorables. Mais ce sont des espèces cavernicoles originaires de Thaïlande ou de Bornéo. Elles nécessitent des conditions d'élevage très strictes : une humidité élevée mais une aération parfaite, une forte présence de calcaire dans le sol, et elles se reproduisent très lentement. Quand on débute et qu'on fait une petite erreur d'arrosage, tuer une souche qui coûte parfois 50 à 100 euros les 10 individus, ça fait mal au cœur (et au portefeuille). Attendez d'avoir maîtrisé les espèces plus simples.

La cohabitation : Peut-on mettre des plantes dans un terrarium à isopodes ?

C'est une question qui revient souvent de la part des amoureux de terrariums plantés. L'idée de recréer un mini-paysage tropical est tentante. La réponse est : oui, mais c'est un combat.

N'oubliez pas ce que sont les isopodes : des broyeurs de matière végétale. Même si vous leur donnez à manger, s'ils ont un petit creux dans la nuit, cette magnifique bouture de Marcgravia ou ce petit Ficus pumila délicat que vous venez de planter risque fort de finir en salade. De plus, ils ont tendance à fouiner dans le sol et peuvent exposer ou détruire les systèmes racinaires fragiles.

Si vous voulez absolument des plantes dans votre bac à isopodes, choisissez des espèces coriaces à croissance rapide :

  • Le Pothos (Epipremnum aureum) : Indestructible, il pousse assez vite pour survivre à quelques grignotages.
  • Les mousses terrestres locales : Elles tapissent bien et offrent de l'humidité sans être leur repas préféré.
  • Le Lierre (Hedera helix) : Parfait pour les terrariums tempérés.

La règle générale : ne mettez pas de plantes rares ou chères dans un bac où les isopodes sont les maîtres des lieux. Ils finiront par gagner.

L'entretien au quotidien : La routine du gardien de cloportes

L'avantage énorme des isopodes, c'est qu'une fois le bac équilibré, l'entretien est minime. Voici à quoi ressemble ma routine :

Une à deux fois par semaine

  • Vérification de l'humidité : Je touche le côté humide. Si la sphaigne est sèche au toucher, je pulvérise de l'eau (idéalement de l'eau de pluie, osmosée ou de l'eau du robinet reposée 24h pour évaporer le chlore). Je ne détrempe pas, j'humidifie.
  • Nourrissage : J'ajoute une petite quantité de nourriture protéinée ou un morceau de légume sur le côté sec. Si la nourriture précédente est couverte de moisissures (et que les collemboles ne suivent pas le rythme), je l'enlève.

Une fois par mois

  • Renouvellement des feuilles : Les feuilles mortes vont disparaître petit à petit, transformées en terreau (le frass). J'ajoute une nouvelle poignée de feuilles sur le dessus.
  • Vérification du calcium : Je m'assure qu'il reste de l'os de seiche.

Tous les 6 à 8 mois : Le changement de substrat

Même si ce sont des nettoyeurs, les isopodes produisent des excréments. Au bout de quelques mois, le substrat aéré et meuble va se transformer en une boue dense et lourde (le frass accumulé). L'air ne circulera plus, le bac va s'acidifier, et la colonie risque le crash (une mort massive et soudaine). Il faut alors remplacer environ 50% à 70% du substrat par un mélange neuf, en faisant très attention à trier vos isopodes pour ne pas les jeter avec la vieille terre.

Mes erreurs de débutant (et comment les éviter)

L'expérience s'acquiert souvent en faisant des bêtises. Voici les miennes, pour vous faire gagner du temps :

1. La phobie de la sécheresse : Au début, on lit partout \"les isopodes respirent par des branchies, il leur faut de l'eau\". Résultat ? J'arrosais mon bac tous les jours. J'ai noyé ma première colonie de Porcellio pruinosus. Le substrat était devenu anaérobie (sans oxygène), ça sentait l'œuf pourri. Rappelez-vous : il vaut mieux un bac légèrement trop sec avec un seul coin humide de sphaigne bien épaisse, qu'un bac totalement détrempé. Si vous voyez vos isopodes grimper aux parois en permanence, c'est souvent signe que le sol est trop humide et qu'ils cherchent de l'air.

2. Le syndrome du \"trop de nourriture\" : Jeter un énorme morceau de carotte en se disant \"comme ça ils ont à manger pour la semaine\". En 3 jours, la carotte est devenue une boule de poils blancs de moisissure toxique. Donnez peu, mais souvent.

3. Oublier de verrouiller les boîtes : Vous seriez surpris de la force d'un Porcellio laevis adulte. Ils peuvent pousser des couvercles légers si la boîte est trop pleine de substrat. Se réveiller avec 50 isopodes qui se promènent sur la moquette du salon n'est agréable ni pour vous, ni pour eux (car ils vont se dessécher rapidement à l'air libre).

Gérer les indésirables : Mouches et Acariens

Quand on garde des bacs de terre humide dans un intérieur chauffé, on attire forcément d'autres formes de vie. Ne paniquez pas, la plupart sont inoffensives.

Les moucherons de terreau (Fungus gnats / Sciarides)

Ces petits moucherons noirs qui volent autour de vos boîtes sont le fléau des terrariophiles. Ils ne feront pas de mal aux isopodes adultes, mais leurs larves mangent la même chose que la microfaune et peuvent concurrencer vos jeunes cloportes. Pour limiter leur apparition : réduisez l'humidité globale du bac, laissez bien sécher le côté sec de la surface, et vous pouvez utiliser des pièges collants jaunes collés sur le couvercle de la boîte (en faisant attention à ce que les isopodes ne puissent pas l'atteindre).

Les acariens (Mites)

Si vous voyez de minuscules boules blanches courir très vite sur le substrat ou la nourriture, ce sont des acariens du sol (soil mites). Ils apparaissent souvent quand il y a un excès de nourriture ou d'humidité. Ils sont détritivores et inoffensifs pour vos isopodes. Le seul problème, c'est qu'ils peuvent exploser en population et concurrencer les collemboles. La solution : arrêtez de nourrir avec de la nourriture humide (légumes, viande) pendant deux semaines. Donnez uniquement des feuilles mortes. La population d'acariens va s'effondrer d'elle-même.

Attention : S'il y a des acariens collés SUR la carapace de vos isopodes, ce sont des acariens parasites. C'est plus rare, mais cela demande de changer complètement le substrat et d'isoler la colonie.

FAQ de l'élevage d'isopodes

Pour résumer et répondre aux questions que je reçois le plus souvent :

Combien de temps vit un isopode en terrarium ?

Cela dépend grandement des espèces et des températures, mais en moyenne, un isopode vit entre 1,5 et 3 ans. Comme ils se reproduisent continuellement, votre colonie, elle, peut vivre indéfiniment si le bac est bien entretenu.

À quelle vitesse se reproduisent-ils ?

Les espèces faciles (comme P. pruinosus ou P. laevis) peuvent produire des portées de 20 à 50 petits toutes les quelques semaines dès qu'ils sont adultes. La gestation dure environ 3 à 4 semaines. La femelle garde les œufs sous son ventre dans une poche incubatrice (le marsupium). Quand elle \"accouche\", de parfaits petits isopodes miniatures (les mancae, qui naissent avec une paire de pattes en moins par rapport aux adultes) se dispersent dans le sol. Il faut environ 3 à 6 mois pour qu'un bébé devienne adulte et se reproduise à son tour.

Peut-on mélanger plusieurs espèces dans le même bac ?

Techniquement oui, mais je vous le déconseille fortement sur le long terme. C'est ce qu'on appelle la \"loi de l'exclusion compétitive\". Si deux espèces partagent la même niche écologique (la même boîte, la même nourriture), l'une d'entre elles finira toujours par se reproduire un tout petit peu plus vite ou manger un peu plus que l'autre. En quelques mois ou années, l'espèce la plus robuste (souvent les Porcellio) écrasera totalement la seconde qui finira par disparaître. Un bac, une espèce. C'est la règle d'or pour garder de belles colonies saines.

Est-ce que ça mord ou est-ce dangereux ?

Absolument pas. Les isopodes n'ont ni venin, ni dard, et leurs mandibules sont faites pour râper des feuilles en décomposition. Même les plus grosses espèces, si on les prend sur la main, ne font que chatouiller. Ils ne transmettent aucune maladie à l'homme et sont des animaux de compagnie d'une innocuité totale, parfaits pour responsabiliser les enfants.

Conclusion : Un monde sous l'écorce

Créer un terrarium uniquement pour des isopodes, c'est s'ouvrir à une facette de la terrariophilie passionnante et beaucoup moins stressante que l'élevage d'animaux plus complexes. C'est recréer un cycle naturel complet dans un volume contenu. En observant le travail incessant de la microfaune, la décomposition des feuilles, les parades nuptiales de ces petits crustacés et la naissance des minuscules mancae, on apprend à apprécier l'infiniment petit.

Alors, si vous avez un vieux terrarium qui prend la poussière dans le garage, ou une boîte en plastique propre, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Préparez un bon terreau forestier, trouvez quelques belles feuilles de chêne, et lancez-vous dans l'aventure. Mais soyez prévenus : on commence souvent avec une seule boîte... et on se retrouve très vite avec une étagère entière remplie de boîtes remplies de \"cloportes de compagnie\".

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